L’IA renforce le conseil, ne l’élimine pas

Le discours “RIP consulting” fait oublier l’essentiel : l’IA complexifie les transformations et rend le conseil plus indispensable, plus intégré et plus orienté résultats. La pénurie de talents, les exigences de sécurité et l’échec massif des pilotes GenAI poussent les entreprises vers des modèles d’exécution embarqués et des contrats indexés sur l’impact. Le conseil qui gagne n’est plus celui des slides, mais celui des systèmes qui tournent en production.

Points clés

  • Un rapport du MIT indique que 95 % des pilotes d’IA générative n’apportent pas de valeur mesurable, révélant un déficit d’expertise interne.
  • Les services de conseil ont dépassé 300 milliards de dollars en 2024, plus du double d’il y a quatre ans.
  • Palantir réalise plus de la moitié de ses 2,2 milliards de dollars de revenus annuels via ses Forward Deployed Engineers, des équipes embarquées chez les clients.
  • À chaque vague technologique (internet, logiciel d’entreprise, cloud), la dépense en advisory a doublé selon Bain, et l’IA suit la même trajectoire.
  • Le World Economic Forum estime que plus de la moitié des grandes entreprises manquent de compétences essentielles en IA et en numérique.
  • IBM évalue l’écart de talents IA à 50 % sur les principaux marchés, tandis que les offres d’emploi pour intégrateurs systèmes et architectes solutions ont doublé depuis 2020.
  • Une transformation sur trois seulement réussit ; pour réduire le risque, les dirigeants externalisent vers des cabinets au delivery éprouvé.
  • Accenture a indexé 3 milliards de dollars de contrats IA sur des résultats business l’an dernier, accélérant la tarification à l’impact.
  • Chez McKinsey et BCG, l’exécution (implementation-led) et les managed services pèsent une part croissante du chiffre d’affaires.
  • Le conseil en IA est le segment le plus dynamique des services professionnels, en croissance de plus de 25 % par an ; Mordor Intelligence note que la demande d’expertise de delivery dépasse désormais le conseil stratégique.

À retenir

Traduction pour non-initiés : avant de rêver d’un “copilote magique”, embauchez des pilotes. 1) Privilégiez des équipes embarquées qui construisent, testent et livrent, pas seulement des belles slides (promis, votre serveur ne lit pas PowerPoint). 2) Liez vos contrats à des résultats mesurables, histoire de récompenser autre chose que les cafés en open space. 3) Briquez d’abord la data, la sécu et la gouvernance : sans fondations, même l’IA la plus brillante finit… en POC éternel. 4) Accélérez via intégrateurs et architectes, puis montez en compétence en interne. Et si tout cela vous semble cher, attendez de voir le prix d’une transformation ratée.

Sources