Vers la fin de la vente de temps ?

Le modèle traditionnel des ESN, basé sur la simple fourniture de ressources en régie, s’efface au profit d’une approche privilégiant les résultats industrialisés et l’intégration de l’IA. Face à un marché numérique ralenti en 2025, les entreprises doivent désormais acheter une promesse de performance plutôt que de simples profils techniques. Cette mutation structurelle impose une révision profonde de la gouvernance et des stratégies d’achat informatique.

Points clés

  • En 2025, le marché numérique français a connu un ralentissement marqué avec une croissance limitée à environ 2 %.
  • Le segment des ESN a enregistré un recul de 1,8 % sur l’année selon les données de Numeum et PAC.
  • La valeur se déplace de la simple “capacité humaine” (TJM) vers les offres packagées et la propriété d’actifs technologiques.
  • L’IA générative transforme le delivery en devenant un levier de productivité significatif pour les équipes techniques.
  • Les clients privilégient désormais les engagements de type SLA, SLO et les modèles de “managed services” au détriment de l’assistance technique pure.
  • Le recrutement évolue vers la recherche de talents rares capables de piloter la gouvernance des données et la sécurité.
  • Le mode de prestation devient distribué, mélangeant nearshore, offshore et plateformes de freelances.
  • Le “Platformed Expert” émerge comme le modèle le plus résilient, combinant expertise, automatisation et IA.
  • Laurent Palem souligne que la question clé pour un décideur est désormais le système de preuve de la valeur délivrée.
  • L’achat de prestations intellectuelles se professionnalise avec l’introduction de success fees et de prix à l’usage.

À retenir

Si vous continuez à recruter des développeurs au kilo comme on achète des pommes de terre, ne vous étonnez pas que votre transformation numérique ressemble à une purée. Le temps où l’on payait pour voir est révolu : maintenant, on paie pour que ça marche (quelle idée révolutionnaire !). Mon conseil d’ami : rangez votre vieux catalogue de CV et commencez à demander des garanties, car en 2026, un “bon profil” qui ne maîtrise pas l’IA, c’est un peu comme un traducteur qui ne connaîtrait que le latin : c’est charmant, mais ça ne sert plus à grand-chose.

Sources